Signature électronique : automatisez la relance des signataires
Un contrat envoyé en signature puis oublié coûte un recrutement ou un achat. Une règle de relance à 3 et 10 jours, tracée sur la fiche, règle le problème.

Une demande de signature électronique qui n'est relancée par personne finit oubliée. Fixez une règle écrite : relance automatique après trois jours sans action, arrêt après dix jours et alerte au propriétaire de la demande, trace de chaque relance sur le dossier. Branchez ensuite le classement du PDF signé sur l'événement de fin de signature, pas sur un contrôle manuel.
Un contrat de travail part en signature le lundi. Le candidat est en vacances, le manager pense que les RH relancent, les RH pensent que l’outil s’en charge. Trois semaines plus tard, le poste est toujours vacant et personne ne sait depuis quand le dossier dort.
Ce n’est pas un problème d’outil de signature. C’est un problème de suivi. Voici la règle que je mets en place et la façon de la brancher sans y passer un trimestre.
Comptez ce que coûte une signature qui traîne
Commencez par sortir la liste des demandes de signature en cours dans votre outil, avec leur date d’envoi. Triez par ancienneté. Les dossiers de plus de deux semaines sont ceux dont personne ne s’occupe.
Le coût n’est pas dans l’outil, il est dans ce qui attend derrière. Côté RH, un contrat non signé, c’est une date d’arrivée qui glisse, un matériel commandé qui attend et un candidat qui peut encore accepter une autre offre. Côté achats, un bon de commande ou un avenant non signé bloque une livraison ou laisse un fournisseur travailler sans cadre. Ces montants se chiffrent en jours de retard, et les métiers savent très bien les estimer si vous leur posez la question.
Posez-la. Une phrase du DRH sur un recrutement perdu pèse plus en comité que n’importe quel tableau de bord.
Écrivez la règle avant de choisir l’outil
La plupart des circuits de signature n’ont pas de règle de relance. Chacun relance à sa façon, ou pas du tout. Écrivez-la en trois lignes et faites-la valider par les RH et les achats :
- Relance automatique d’un signataire qui n’a rien fait depuis trois jours.
- Arrêt des relances au bout de dix jours sans signature, et alerte au propriétaire de la demande, qui appelle.
- Trace de chaque relance sur le dossier, lisible par quiconque reprend le sujet.
Au-delà de dix jours, le signataire n’a pas oublié : il hésite. Une relance automatique de plus n’y changera rien.
Le seuil de dix jours est le point important. Il transforme une relance qui tourne dans le vide en action humaine sur un dossier qui a un vrai blocage : une clause contestée, un mauvais signataire, une adresse erronée.
Vérifiez ce que fait déjà votre outil de signature
Avant d’automatiser quoi que ce soit, regardez les réglages natifs. Ils sont souvent sous-utilisés.
Yousign propose des relances automatiques à la création de la demande : un intervalle de 1, 2, 7 ou 14 jours, de 1 à 10 occurrences. Chez DocuSign, les valeurs par défaut des envois par API ne prévoient aucune relance et une expiration à 120 jours : si votre intégration ne les fixe pas, rien ne se passe pendant quatre mois.
| Besoin | Relances natives du prestataire | Règle pilotée depuis le dossier |
|---|---|---|
| Relancer le signataire par courriel | Oui | Oui |
| Prévenir le propriétaire quand rien ne bouge | Non | Oui |
| Tracer les relances dans l’outil de suivi | Non | Oui |
| Ajuster la règle sans toucher aux envois | Non, fixée à l’envoi | Oui |
Si vos contrats ne vivent nulle part ailleurs que dans l’interface du prestataire, activez les relances natives et arrêtez-vous là. Si le contrat est rattaché à un dossier de recrutement, une demande d’achat ou un ticket, c’est sur ce dossier que la relance doit se voir.
Branchez la relance sur le dossier, pas sur une boîte mail
Il y a plusieurs façons de faire. Un flux Power Automate ou Make qui interroge l’API du prestataire chaque matin fonctionne, à condition que quelqu’un le maintienne. Relisez au passage comment gérer les échecs et les doublons d’une automatisation : une relance envoyée deux fois au même candidat fait mauvais effet.
Si vos demandes RH et achats passent déjà par un outil de gestion de services, branchez la règle là. Dans Keolux One, par exemple, un flow gratuit de relance des signataires Yousign applique exactement la recette trois jours et dix jours, chaque matin à 9 h, et inscrit chaque relance en commentaire sur la fiche. La page dédiée à l’intégration Yousign détaille le connecteur. Cette option se défend surtout si vos circuits RH et achats sont déjà dans l’outil ; si vos contrats partent d’un CRM, un flux dans ce CRM sera plus simple. Dans tous les cas, l’envoi en signature reste facturé par le prestataire, sur votre abonnement Yousign ou DocuSign.
Un point technique à vérifier : Yousign recommande de suivre l’état des demandes par événements webhook plutôt qu’en interrogeant son API en boucle, et limite le nombre d’appels. Un passage quotidien reste raisonnable. Une interrogation toutes les cinq minutes ne l’est pas.
Classez le document signé sur l’événement de fin
Le deuxième trou du circuit, c’est l’après-signature. Le PDF signé arrive par courriel chez l’émetteur, qui l’enregistre sur son poste ou l’oublie dans sa boîte. Six mois plus tard, l’audit social cherche le contrat.
Déclenchez le classement sur l’événement signature_request.done, émis quand tous les signataires ont signé. Le flux télécharge le PDF signé, le dépose dans le dossier du salarié ou du fournisseur, crée le dossier s’il n’existe pas, et notifie le demandeur. Personne n’a plus à y penser.
Ranger le PDF signé dans SharePoint, c’est du classement, pas de l’archivage. Conservez le fichier de preuve fourni par le prestataire avec le document, et faites valider par votre juriste les durées de conservation des contrats de travail et des pièces comptables.
À faire cette semaine
- Extraire la liste des demandes de signature en cours avec leur date d’envoi.
- Repérer celles qui ont plus de dix jours et les envoyer à leur propriétaire.
- Faire valider la règle trois jours, dix jours, trace par les RH et les achats.
- Vérifier les réglages de relance et d’expiration de vos envois par API.
- Désigner un propriétaire pour chaque type de demande : RH, achats, direction.
- Choisir l’endroit où la relance doit se voir : interface du prestataire, CRM ou outil de gestion de services.
Bons plans
- Les relances natives de Yousign et DocuSign sont un simple réglage : activez-les par défaut sur tous les modèles d’envoi, même si vous automatisez le suivi dans un autre outil.
- Testez vos flux dans le bac à sable du prestataire, jamais sur de vrais contrats : Yousign en fournit un, avec une clé d’API distincte de la production.
- Ajoutez le nom du propriétaire de la demande dans le message de relance. Un candidat répond plus vite à une personne qu’à une adresse sans réponse.
Questions fréquentes
Les relances intégrées à Yousign ou DocuSign ne suffisent-elles pas ?
Elles suffisent si personne d'autre que le signataire n'a besoin d'être prévenu. Elles relancent par courriel selon un rythme fixé à l'envoi, mais elles ne disent rien au propriétaire de la demande quand le signataire ne réagit toujours pas, et elles ne laissent aucune trace dans votre outil de suivi. C'est ce trou que comble une règle pilotée depuis le dossier.
Combien de relances envoyer avant d'abandonner ?
Trois ou quatre, sur une dizaine de jours. Au-delà, le signataire n'a pas oublié : il hésite, il conteste une clause ou il n'est pas la bonne personne. Une relance automatique de plus n'y changera rien. Il faut un appel du propriétaire de la demande, et c'est l'alerte à dix jours qui le déclenche.
Classer le PDF signé dans SharePoint, est-ce de l'archivage ?
Non. C'est du classement : le document est rangé au bon endroit et retrouvable. Un dossier SharePoint ne garantit ni l'intégrité dans la durée ni la conservation exigée pour certains documents RH ou comptables. Gardez le fichier de preuve fourni par le prestataire de signature, et vérifiez avec votre juriste la durée de conservation de chaque type de document.